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Vendredi 21 décembre 2007

Fédération des Tunisien-nes

Pour une Citoyenneté des deux Rives

3 rue de Nantes 75019 Paris

Tél. : 00 33 (0)1 46 07 54 04

Fax : 00 33 (0)1 40 34 18 15

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Liberté pour les Sept d’Agrigente

1er septembre 2007 : Maintien en détention des "otages" de

la Guerre aux Migrants

 

Aujourd’hui, samedi 1er septembre, le Tribunal d’Agrigente (Sicile, Italie) a rejeté la demande de libération provisoire ou d’assignation à résidence des hommes d’équipage des navires tunisiens Mortadha etMohammed-el-Hedi introduite par leurs défenseurs (Me Leonardo Marino et Me Giacomo La Russa). Les sept pêcheurs tunisiens1 poursuivis pour avoir secouru et débarqué 44 migrants sur le point de chavirer en pleine mer dans le canal de Sicile, avaient été qualifiés de « héros » par le député européen Giusto Catania qui leur a rendu visite en prison. Depuis, un très grand nombre de témoignages ainsi que maints éléments de reconstitution des faits ont confirmé qu’ils n’ont fait que porter secours à des femmes et des hommes en danger de mort, et qu’ils les ont débarqué en liaison avec les autorités maritimes italiennes, prévenues par leurs soins dés le début du sauvetage. Malgré cela, et malgré les garanties de représentation fournies, y compris à travers un engagement officiel de l’ambassade de Tunisie, le collège présidé par le juge Mme Antonia Sabbatino a estimé nécessaire de maintenir les « sept d’Agrigente » en détention.

Par ailleurs, le tribunal s’apprêtant à prendre des vacances judiciaires jusqu’à la mi-septembre, a reporté la poursuite des audiences au 20 septembre prochain. Il n’a pas cru bon d’examiner avant ce congé la demande de requalification des délits (de « favorisation préméditée et à fins lucratives de l’immigration clandestine », passible de 15 ans de prison, à « entrée irrégulière sur le territoire national »).

 

Les familles des pêcheurs, qui vivent cette affaire comme une injustice douloureuse, ont reçu ces nouvelles avec consternation et colère. Outre l’incompréhension quant à la détention des leurs pour des raisons retenues comme étant arbitraires et quant à leur privation de leur principale source de revenu, elles ont tenu à nous parler du cas du jeune Mohammed-Lamine Bayyoudh. Étudiant de 20 ans, pêcheur saisonnier pendant les vacances afin d’aider son père à lui payer ses études, il se retrouve en prison avec son père (Abdel-Krim Bayyoudh) au moment de la rentrée scolaire. Les autres pêcheurs détenus sont : Kamel Ben-Khalifa (père de cinq enfants) ; Hamza Braham ; Abdel-Wahid Ghafouri ; Lassaad Gharrad ; Abdel-Basset Jenzari. À Teboulba, on les appelle les sept otages d’Agrigente. La FTCR estime que la tournure que prend le procès est gravissime. Elle considère qu’outre ce qui ne peut être qualifié que d’acharnement de la part du tribunal présidé par Mme Sabbatino, ce sont les politiques européennes de gestion sécuritaire de l’immigration et la législation italienne en vigueur qui sont en cause. La loi dite Bossi-Fini (votée et promulguée lors du gouvernement de M.

Berlusconi et toujours en vigueur aujourd’hui, c’est en l’occurrence sur son article 13 que se fondent les poursuites) constitue la base de ce procès injuste et aux conséquences graves.

La FTCR appelle la classe politique italienne à remettre en cause une législation et une politique sécuritaire aux effets liberticides et discriminatoires aujourd’hui manifestes, et dont les conséquences sur la mise en danger de milliers de personnes et sur leur mort en mer dans des cas de plus en plus nombreux sont désormais établies.

Elle rappelle que les ressortissants des pays du sud ne sont pas exceptés des lois et conventions garantissant les droits fondamentaux des personnes, et que l’accès de toutes et tous à ces droits prime toute doctrine et toute loi sécuritaires ou de « gestion des flux », qu’elles soient nationales ou communautaires.

 

Elle appelle à la plus large mobilisation pour la libération et l’indemnisation des « sept d’Agrigente » et pour s’opposer à la véritable guerre européenne aux migrants dont le sud de l’Italie et le sud de l’Espagne sont aujourd’hui les fronts les plus meurtriers.

Enfin elle rappelle qu’une délégation internationale composée d’élues et de représentants d’associations et d’organisations du nord et du sud de la Méditerranée se rendra la semaine prochaine en Sicile afin de participer à l’initiative sicilienne de soutien aux 7 pêcheurs (Vendredi 7 septembre)2, afin de rencontrer des parlementaires et responsables en Italie et afin d’interpeller les autorités italiennes et européennes sur ce procès et sur la tragédie qui en constitue le contexte.

 

Liberté pour les Sept d’Agrigente

Non aux lois et politiques de criminalisation des Migrants

Non à la militarisation des politiques des migrations et à

l’externalisation des politiques sécuritaires

Manifestations de solidarité à Agrigente (vendredi 7

septembre 2007) et ailleurs

 

Pour la FTCR

Le président, Mouhieddine Cherbib

Paris, Samedi 1er septembre

 

Pour tout contact concernant ce dossier :

Omeyya Seddik

00 33 (0)6 87 75 74 84

zonegrise@yahoo.fr

ftcr.etudes@no-log.org

 

Par Omeyya
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